Interview de Donato Carrisi

Interview de Donato Carrisi

Dans un entretien donné au site italien Comingsoon.it, Donato Carrisi nous présente L’Ecorchée.

Est-ce une suite du Chuchoteur ?
Donato Carrisi: Je n’aime pas l’idée de suite. Je dirais que c’est plutôt un livre jumeau. Au lecteur ensuite de déterminer lequel est le plus méchant, car il y a toujours un jumeau plus maléfique que l’autre. J’avais envie de retourner dans l’obscurité avec ce personnage (Mila Vasquez) qui m’a tant porté chance et auquel les lecteurs sont très attachés. A tel point que beaucoup d’entre eux, au cours des années qui ont suivi Le Chuchoteur, avaient envie de me raconter eux-mêmes la suite de l’histoire.

Il y a cette notion très présente de « manque d’empathie » ou « manque d’affection » dans tes romans. Es-tu vraiment attaché à Mila ? L’emportes-tu avec toi quand tu ne travailles pas ou bien tu arrives à te couper de tout ?
Donato Carrisi: En réalité, c’est Mila qui me suit quand je ne travaille pas. Pendant toutes ces années, elle est restée là à me fixer du regard, comme si elle avait encore quelque chose à raconter. Le manque d’empathie dans mes livres est lié au genre de « mal » que je raconte, un mal pur, essentiel, qui doit contaminer le lecteur.

Autre caractéristique de tes romans : l’absence d’une ville précise, le lieu est indéterminé. Pourquoi ce choix ?
Donato Carrisi: Mes livres doivent être comme des labyrinthes : comme dans Le Chuchoteur, le lecteur doit entrer dans le livre et s’y perdre. Les seuls points de références sont les personnages. Et on ne peut sortir du livre qu’à la dernière page, à la dernière ligne. C’est la seule issue autorisée.

En bon criminologue, tu donnes toujours des descriptions très précises, détaillées des enquêtes. Pour L’Ecorchée, comment as-tu travaillé sur les personnes disparues ? Est-ce vrai que tu as toi-même essayé de disparaître, comme tu le racontes dans une note à la fin du livre ?
Donato Carrisi: C’était une fausse disparition, car j’avais prévenu mes proches. Mais j’ai vraiment disparu et essayé de couper le cordon ombilical qui nous relie à la vie et nous contraint à être continuellement en contact avec les autres. Par conséquent, j’ai coupé mon portable, j’ai oublié mes différents profils sur les réseaux sociaux et je n’ai pas vérifié mes mails pendant un certain temps. Evidemment, j’avais rassuré tout le monde sur le fait que j’allais réapparaître et, effectivement, c’est arrivé.

L’entretien en italien est disponible ici.